Mozart et son chien

Jardin Mozart du Café Reber.

Dans le jardin Mozart du café Reber (confiseur depuis 1865 du fameux Mozartkugeln) à Bad Reichenhall, Bavière, Allemagne, on trouve un Mozart en bronze, une Constanze assise à ses côtés, et leur chien Bimberl qui saute vers un morceau de gâteau.

Dans sa correspondance, Mozart mentionne au moins deux chiens portant le nom Bimperl. Le premier, une chienne qui était le chouchou de la famille Mozart entre 1773 et 1777, et un deuxième, un mâle portant le même nom, qui vivait avec Constanze et lui à leur résidence à Vienne.  Ces lettres permettent de supposer que les deux Bimperls étaient soit de race fox-terrier, soit de race foxhound.

Grand ami des animaux, Mozart avait aussi un canari. Cette lettre écrite à sa soeur Nannerl le 19 mai 1770 témoigne de son affection pour lui:

Naples

Cara sorella mia!

Vi prego di scrivermi presto e tutti i giorni di posta. Io vi ringrazio di avermi mandato questi cahiers d’arithmétique , et vi prego, se mai voleté avère mal di testa, di mandarmi ancora un poco de ces sciences. Perdonate mi che scrivo si malamente, ma la razione è perché anche io ebbi un poco mal di testa. Le douzième menuet de Haydn, que tu m’as envoyé, me plaît beaucoup, et tu y as ajouté une basse incomparable et sans la moindre faute. Je t’en prie, fais souvent de pareils essais.

Maman ne doit pas oublier de faire nettoyer les deux fusils. Écris-moi comment va notre maître canari; chante-t-il encore ? siffle-t-il toujours? Sais-tu pourquoi je pense à notre canari? parce qu’il y en a un dans notre antichambre, qui s’en donne, comme le nôtre…

Pendant 3 ans à Vienne, Mozart avait un étourneau sansonnet, la première mention duquel se trouve dans une entrée faite par Mozart dans son livre de comptes quand il l’a acheté le 27 mai 1784.  Il a noté son prix et son chant:

Vogel Stahrl 34 Kr [Étourneau : 34 kreutzer]

Das war schön!  [Que c’était beau!]

À noter la proximité entre ce passage et le thème du troisième mouvement du concerto pour piano nº 17 en sol majeur, KV. 453, que Mozart a composé trois semaines auparavant. Selon certaines sources, lors d’une visite chez un oiseleur, le compositeur aurait sifflé quelques mesures de son concerto.  A la visite suivante l’oiseau aurait répété la phrase musicale avec une telle précision que Mozart l’aurait acheté.

À la mort de son son étourneau bien-aimé, Mozart l’a enterré  et lui a même dédié un poème:

Ci-git un bien cher fou, un petit étourneau.
Dans ses meilleures années il dut éprouver de la mort l’amère douleur.
Saigne mon coeur à cette seule pensée.
Lecteur! Verse toi aussi une petite larme pour lui.
Il n’était pas méchant mais peut-être trop bruyant,
Et parfois même un petit espiègle vilain, sans être toutefois un gredin.
Sans doute est-il déjà là-haut pour me louer de ce service d’ami, absolument gratuit.
Car lorsqu’à l’improviste il s’est évanoui,
il n’eut pas de pensée pour celui qui sait si bien rimer.

le 4 juin 1787, Mozart

Je crois qu’il n’est pas trop audacieux de suggérer que ces oiseaux de sa vie ont excercé une certain influence sur la musique du compositeur, ce qui me frappe comme assez évident en écoutant l’aire de la Reine de la Nuit de La Flûte enchantée, K. 620 , pour ne pas mentionner les très charmants personnages de Papageno et Papagena du même opéra.

Papageno.

 Le bonheur est un oiseau qu’il ne faut pas saisir.
Wolfgang Amadeus Mozart

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :