Saucisse et l’art du cynisme mordant

Ancien candidat à la mairie de Marseille, aujourd’hui l’infatigable et le très sagace Saucisse continue de prôner « une sauciété plus humaine, contre une vie de chien » comme en témoigne son livre Saucisse face à la crise (éd. Jigal, 2010, 208 p) traduit du chien par son maître aussi sympa, Serge Scotto.

Saucisse et son maître au Grand Journal, le 18 novembre 2011:

http://www.wat.tv/video/grand-journal-18-11-2011-4iqv3_2hk6h_.html

Saucisse et Scotto au 3e Festival du livre de la Canebière, le 11 juin 2011.

Dans son dernier opus Saucisse is watching you (éd. Jigal, 2011, 184 p), le cinquième tome des tribunes de Saucisse, le très perspicace plus-ou-moins teckel nous apporte ses réflexions sur la société humaine qui l’entoure.

Extrait:

La rumeur

C’est une silhouette longiligne, à qui l’on donnerait la trentaine et relevée d’une coiffure rousse. La coupe plus courte d’après certains, avec peut-être quelque chose de changé dans le visage, mais ça ne veut rien dire avec tout ce qu’on peut faire aujourd’hui grâce au maquillage de cinéma… Et puis ce n’est pas comme sur les photos ! D’ailleurs tous les témoins sont unanimes, qui l’ont bien reconnue. Il faut dire qu’elle est très reconnaissable ! Sa démarche gracieuse est unique, digne d’un top model bien qu’elle ne portait, avec élégance, qu’un simple jean sous une veste de tailleur, comme la première employée d’agence immobilière venue. Avec un casque de moto sous le bras, à la visière fumée, sans doute pour tromper son monde et se déplacer incognito en ville… Mais c’était elle ! Tous ceux qui l’ont vue et ceux qui ont vu ceux qui l’ont vue pourront vous le confirmer… et la preuve, c’est que le beau-frère d’un policier l’a appris par le cousin de l’infirmier qui soignait le sida d’Adjani… à l’époque. C’est pour dire le sérieux de la rumeur ! On l’aurait ces temps-ci aperçue plusieurs fois rasant les murs rue d’Endoume, où elle ferait des passages discrets, comme par hasard à deux pas de chez mon maître… Et c’est comme ça que des bruits ont commencé à courir. On sait qu’elle aime les artistes, les paroliers… Et mon maître n’est-il pas l’auteur de refrains immortels, tel celui de ma chanson «Petit chien des rues» qui fait le buzz sur le net : «Ouah ouah ouah, ouah ouah ouah, ouah ouah ouah ouah ouah ouah ouah !» L’aurait-elle approché pour mettre son talent d’écriture à contribution, avant de tomber sous son charme animal ? La notoire sensibilité de gauche de celle qui ne reste après tout qu’une simple femme, aurait-elle été touchée par le secret de sa sauce bolognese aphrodisiaque (je ne devrais pas vous le dire, mais il suffit de laisser la tomate attacher un peu beaucoup au bord du poêlon) ? Leurs origines italiennes auraient-elle fait le reste pour nouer leurs corps dans cette union impossible ? Et secrète ! Dont tout le monde parle à Marseille… Alors malgré le mépris que m’inspire la rumeur, mon devoir de journaliste intègre m’impose de la mettre à bas, afin de retrouver la paix du foyer, que cesse la traque des paparazzi et je sais que malgré sa vantardise invétérée et le bénéfice qu’il espérait tirer de ces élucubrations, mon maître ne m’en voudra pas longtemps d’avoir trahi les secrets de notre chambre et de la mascarade : je couche tous les soirs à ses pieds et je peux vous jurer que mon maître n’est pas le nouvel amant de Carla Bruni ! Ne croyez pas les on-dit, c’est ce dangereux mythomane qui les a propagés lui-même pour se rendre intéressant : mais en réalité, mon maître ne s’est jamais tapé la première dame de France, de loin s’en faut ! Eh non… Pour l’instant, il drague la boulangère.

Saucisse veille sur nous.

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