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Archives Mensuelles: mai 2012

L’ancien président américain John Fitzgerald Kennedy avait un amour immense pour les animaux.  Son entourage bestiaire incluait Tom Kitten le chat, ZsaZsa le lapin, Bluebell et Marybelle, les perroquets, deux hamsters qui s’appellaient Bille et Debbie, Sardar le cheval, trois poneys qui se nommaient Macaroni, Tex et Leprachaun, et ses chiens Shannon, Wolf, Clipper, Charlie et Pushinka.  En réclamant la présence de ses chiens lors de l’atterissage de l’hélicoptère présidentiel,  Kennedy a mis en place une tradition perpétuée par chacun de ses successeurs.

Descendante de la célèbre Strelka (un des chiens cosmonautes), Pushinka, une chienne samoyède, a été offerte en cadeau à la petite Caroline, fille de Kennedy, par Nikita Khrouchtchev, premier ministre de l’Union soviétique. Et à la Maison Blanche Pushinka a formé une amitié spéciale avec le beau terrier gallois, Charlie, avec qui elle a eu quatre chiots: Butterfly, White Tip, Blackie et Streaker.

Kennedy se promène dans la neige avec Charlie, terrier gallois

Pushinka et Charlie

Pushinka et ses chiots

La famille Kennedy – John, Jacqueline, John Jr et Caroline – à Hyannis Port, Massachusetts, avec Shannon, épagneul irlandais, le terrier gallois Charlie, Clipper le berger allemand et les chiots de Pushinka et Charlie

Dans Ode au carlin, extrait de son superbe recueil Poésie d’outre-ville (ELP éd., 2009),  le poète et écrivain québécois Paul Laurendeau rend hommage d’une manière évocatrice et éblouissante à cette race de chiens des plus sensible et merveilleuse.

Ode au carlin
Paul Laurendeau

C’est qu’il est sympa, il pouffe et il grogne.
Il veut être aimé, il a les yeux tendres.
Il tourne en tous sens sa noiraude trogne,
Tenu lâche en laisse par quelque élégante.

Il a l’air songeur, il a l’air fripon
Quand il freine sec, l’œil contemplatif,
Pondant lentement quelque déjection
Si tôt capturée en un sac plastique.

Il est tout petit, mais il est dodu.
Il monte à l’assaut et il cherche noise
À trois papillons au flanc du talus
D’un parc verdoyant, à la torontoise.

Il est le Carlin, on le dit de Chine.
Son intelligence est élaborée.
Son esprit poupin, subtile machine
Aime et aime tant, qu’on reste pâmé(e).

On l’a façonné pour la compagnie.
C’est qu’il est sympa, il grogne et il pouffe.
Il a les yeux tendres, il aime en ami.
Il boit, il défèque, il dort, et il bouffe.

C’est lui le Carlin, il mérite une ode.
Il ne mord jamais, aboie rarement.
On le dit de Chine, pays des pagodes,
Du millet, du jade, des monts et des vents.

Il a l’air songeur, il a l’air fripon.
Il est tout petit, mais il est dodu.
Il est le Carlin, il est simple et bon
Comme la Sagesse du vieux Lao Tzu…

Jeune fille au carlin en train de lire, Charles Burton Barber, 1879