Jack Ruby et son chien, ou le chien détenteur de vérité

Mafieux, proxénète et propriétaire d’une boite de nuit à Dallas, Texas, Jack Leon Ruby (né Jacob Leon Rubenstein, 1911-1967), l’assassin du présumé assassin du président John Fitzgerald Kennedy, Lee Harvey Oswald, était un cynophile ardent. Célibataire, il avait même l’habitude d’appeler son chien favori, un teckel qui se nommait Sheba, son épouse. Ceci rend d’autant plus curieux les évènements du matin du 24 novembre 1963, quand Ruby a surgi de la foule de journalistes, qui se sont amassés dans le sous-sol du commissariat de police de Dallas pour témoigner du transfert d’Oswald en prison, et a tiré mortellement sur Oswald.

Avec Sheba dans la voiture, Ruby est allé au centre-ville ce jour-là afin de virer une somme de 25$ à Karen Bennet Carlin, une des danseuses du Club Carrousel, sa boite de nuit de strip-teaseuses. À approximativement 11h du matin, Ruby est entré à l’agence de transfert d’argent Western Union, laissant son chien adoré dans la voiture pendant qu’il effectuait la transaction. Ceci, selon certains, aurait pu remettre en question la préméditation de son acte et, ainsi, sa participation dans le (prétendu) complot de l’assassinat de JFK lié au crime organisé. Si Ruby avait eu l’intention de tuer Oswald ce matin-là, on suggère qu’il n’aurait jamais apporté son chien avec lui. Son affection pour elle était telle qu’il l’aurait laissée chez lui et, de plus, aurait fait les arrangements nécessaires pour sa prise en charge après son inévitable arrestation pour le meurtre d’Oswald. Pour des raisons qui restent inconnues, au lieu de revenir à son auto suite à la transaction, Ruby, par contre, s’est promené en direction du commissariat de police où, au bout d’une rampe menant au sous-sol du commissariat, il a vu Oswald, en train d’être transféré à la prison deux jours après son arrestation pour l’assassinat de Kennedy. Submergé d’émotion à la vue du tueur du président, selon sa version ultérieure, Ruby a tiré dessus d’une manière complètement irréfléchie.

À la Commission Warren – commission d’enquête présidentielle chargée d’investiguer l’assassinat de Kennedy – George Senator, colocataire de Ruby, a témoigné de l’amour de Ruby pour ses neuf chiens. « Jack m’a toujours dit, je ne veux pas que tu les appelles des ‘chiens’. Ce sont mes enfants. » Selon Senator, Ruby a eu, en fait, plusieurs chiens, dont un certain nombre vivaient au Club Carrousel. Mais Sheba était son préféré, presque toujours à ses côtés. Il ne la laissait jamais au club, la nuit. Au cours de l’enquête, beaucoup d’autres témoins auraient attesté de la quasi inséparabilité de Ruby et sa Sheba si chérie.

En citant l’écrivain Michael Zezima, on peut dire: « Sheba peut s’avérer plus important que le témoignage de 552 personnes pour la dissipation d’un des mythes les plus puissants et les plus tenaces de la nation ».

Cependant, on peut bien argumenter que le fait d’avoir apporté Sheba avec lui ce-jour-là faisait partie intégrante du complot. Au cas où Ruby a été commandé de ‘faire taire’ Oswald, on peut supposer qu’il a aussi été commandé d’apporter son chien justement pour dissimuler la nature préméditée de l’acte.

De sa cellule de prison, Ruby s’est souvent enquéri du sort de Sheba et ses chiots.

Jack Ruby avec Sheba (a droite) et un chien inconnu

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